Quelquefois il arrive que l'on me demande une copie. Ce fut le cas récemment :

Chaque fois c'est très émouvant. On découvre dans le tableau des choses que l'on n'y aurait pas vu dût-on passer des heures à le regarder.
Ici ce fut la poésie de la moindre trace, l'harmonie et la grâce atteintes dans la confrontation de chaque trait, chaque tâche.
Il y a la question de l'autorisation, pas des ayant-droit, ça je m'en tamponne, mais du maître.
Je pense que celui qui donne à voir donne à peindre, sans limite, interprétation copie libre ou littérale, pareil, dans la grande générosité qu'est la peinture. Il ne peut pas y avoir d'ambiguïté, pour un peintre voir c'est peindre.
Après, il faut s'en montrer digne, c'est ça l'angoisse !
L'invocation, sans rire, de sa bienveillance et de son génie me permet d'atteindre à l'état nécessaire. Je sais que je ne pille pas, mon travail est un hommage dont je sors grandie, infiniment reconnaissante.
J'aime beaucoup.
J'avais demandé à ma fille de me tenir le trombinoscope tiré du Despolio de Gréco sans voir son tee-shirt et l'avais incluse dans la photo à cause de sa mine, sans qu'elle le fit exprès, si compatible avec le tableau.
Quand j'ai reçu les photos (je pratiquais encore l'argentique), je réalisais ce qu'elle portait ; mort de rire !
