Bonne année
Bibliothèque néogothique, 6 éléments sur les montants de laquelle j'ai peint des cartouches en alternance rouges et jaunes, chacun illustré d'une enluminure d'un animal et d'une petite plante.
Voici.
Bonne année
Bibliothèque néogothique, 6 éléments sur les montants de laquelle j'ai peint des cartouches en alternance rouges et jaunes, chacun illustré d'une enluminure d'un animal et d'une petite plante.
Voici.


Ma copie fait 180x150cm à peu près. La photo bouffe un peu la gauche et le bas du tableau.
Rubens a peint l'original en 1612.
Je vois ce tableau comme un monument à l'héroïsme, une exhortation au courage.
Dans le registre supérieur , les cavaliers, Rubens en a délégué l'exécution ; en dessous, les rabatteurs, presque nus et les fauves.
De cette composition trop classique jaillit le tigre furieux, bravant sa mort annoncée par le cadavre du léopard à ses pieds et le sabre levé sur sa nuque. Sa rébellion contre l'ordre établi lui vaut l'hommage du pinceau du maître comme l'indique la virtuosité de la touche de son pelage.
L'expression de sa bravoure farouche se retrouve dans les traits du chasseur, Hercule, reconnu parce que copie d'antique (ici, copie de copie!),qui terrasse le lion ; ils sont peints de la même main.
L'étalon dressé porte sur ses reins le tigre et couronne de ses antérieurs le triomphe d'Hercule. Il les désigne ce faisant comme les protagonistes principaux du tableau ; il est le support du récit de ce combat pour la dignité qu'ont mené tour à tour le léopard mort, le tigre qui va mourir et Hercule qui lui, enfin, peut vaincre. Il nous invite du regard à méditer sur ce drame où l'humaniste du XVII°siècle voyait le combat de l'esprit sur les passions mais où, aujourd'hui, nous reconnaîtrions plutôt celui contre les tyrannies de tous poils.
Hercule est curieusement excentré, alors qu'il est le principal acteur.
C'est parce qu'il anime une petite scène pyramidale qui est un tableau dans le tableau et la clé de tout le reste qui lui fait écho dans le temps : La bataille que nous livrons pour notre rédemption sera victorieuse. En effet la légende nous raconte que pris d'un accès de folie Hercule a tué ses enfants, jadis, et il sauve ici ce jeune homme en âge d'être son fils des griffes du lion, se rachetant lui-même grâce à la générosité et l'optimisme de la vision de Rubens, qui en quelque sorte lui offre ici une seconde chance.
Cela me fait penser à un très beau film des frères Dardennes où l'on retrouve cette grande morale : "L'enfant".
J'espère que mon interprétation vous plaira ; il faut avouer qu'elle est un peu osée !
J'ai peint librement, il y a maintenant un paquet d'années, sur une grosse toile de jute : Cet énorme grain augmente considérablement la difficulté, mais contraint à une sorte d'agressivité qui augmente l'exigence de l'esprit et interdit la facilité de la manière.
Si je devais renouer le dialogue avec Rubens, ce grand amoureux du genre humain et de la paix, je choisirais aujourd'hui pour cela de copier les trois sirènes du tableau du Louvre où il représente l'arrivée de Marie de Médicis dans le port de Marseille car le regard qu'il porte sur les femmes est empreint d'amour, de respect et je pense de compréhension.
Pardon, je voulais dire trompe-l'oeil !
Peints sur toile puis marouflés sur le plafond et sur le mur.
Quelquefois il arrive que l'on me demande une copie. Ce fut le cas récemment :

Chaque fois c'est très émouvant. On découvre dans le tableau des choses que l'on n'y aurait pas vu dût-on passer des heures à le regarder.
Ici ce fut la poésie de la moindre trace, l'harmonie et la grâce atteintes dans la confrontation de chaque trait, chaque tâche.
Il y a la question de l'autorisation, pas des ayant-droit, ça je m'en tamponne, mais du maître.
Je pense que celui qui donne à voir donne à peindre, sans limite, interprétation copie libre ou littérale, pareil, dans la grande générosité qu'est la peinture. Il ne peut pas y avoir d'ambiguïté, pour un peintre voir c'est peindre.
Après, il faut s'en montrer digne, c'est ça l'angoisse !
L'invocation, sans rire, de sa bienveillance et de son génie me permet d'atteindre à l'état nécessaire. Je sais que je ne pille pas, mon travail est un hommage dont je sors grandie, infiniment reconnaissante.
J'aime beaucoup.
J'avais demandé à ma fille de me tenir le trombinoscope tiré du Despolio de Gréco sans voir son tee-shirt et l'avais incluse dans la photo à cause de sa mine, sans qu'elle le fit exprès, si compatible avec le tableau.
Quand j'ai reçu les photos (je pratiquais encore l'argentique), je réalisais ce qu'elle portait ; mort de rire !

Il s'agit d'un ancien pavillon de chasse du prince de Conti, et vu l'état de l'ensemble,
les chasses de ce monsieur devaient être bien mouvementées.
Gros boulot de préparation bien dégueulasse (il y avait plein de mouches qui avaient commencé leur hibernation à l'abri des staffs et qui sortaient engluées dans la peinture, répugnant),
mais le résultat est sensible et original et je n'en suis pas mécontente.


Coucou, me revoilou !
Alors la question que nous allons maintenant traiter est de savoir ce que j'ai peint pendant tout ce temps.
Hé, ho, c'étaient les vacances, que diable !
Bon, il y a quand même un petit quelque chose dont je suis fière, c'est la nouvelle chambre de mon petit garçon que je vous dévoile ci-dessous.


Un petit dernier avant le grand voyage !